L’Archipel Resnais



En l’espace de six décennies, le réalisateur Alain Resnais (1922-2014) a construit l’une des œuvres cinématographiques les plus originales et marquantes de l’après-guerre. Il a profondément influencé plusieurs générations de cinéastes, tant en France qu’ailleurs. Réalisateur de près de 30 documentaires et courts métrages, et d’une vingtaine de longs-métrages, Resnais a rapidement connu le succès international avec des œuvres-phares telle que Nuit et brouillard (1955) et Hiroshima mon amour (1959), tout en continuant à stimuler d’intenses débats dans les domaines de la théorie filmique et de la philosophie. Le cinéma de Resnais n’a jamais cessé d’explorer les modes divers du modernisme cinématographique, tout en offrant maintes réflexions sur les grands traumatismes du XXe siècle: la Deuxième Guerre Mondiale (l’Holocauste, la bombe atomique), la colonisation et la décolonisation (la Guerre d’Algérie), les guerres contemporaines (Guerre du Vietnam).

Pour en savoir plus sur Alain Resnais:



L’Archipel Resnais invite à un dialogue interdisciplinaire. De par sa géographie à multiples niveaux, l'archipel évoque les topographies complexes de l'univers créatif de Resnais. Sa conception du medium cinématographique est intrinsèquement conçue comme autant de croisements entre genres, styles et formes artistiques ; de même qu’elle échappe aux limitations entre culture populaire et élitiste.

La notion de collaboration a toujours été primordiale chez Resnais, que ce soit avec des artistes visuels (Jacques Saulnier, Enki Bilal ...), ou des écrivains, comme Alain Robbe-Grillet et Marguerite Duras, lesquels comptent parmi les auteurs français majeurs du XXe siècle. L'Archipel Resnais invite ainsi à une approche collaborative similaire afin de revisiter son œuvre et ses héritages.

Robert Benayoun, Alain Resnais, Arpenteur de l’imaginaire, Stock, Paris, 1980.

Jean-Luc Douin, Alain Resnais, La Martinière, Paris, 2013.

Jean-Louis Leutrat and Suzanne Liandrat-Guigues, Alain Resnais: liaisons secrètes, accords vagabonds, Cahiers du Cinéma, Paris, 2006.

René Prédal, L’Itinéraire d’Alain Resnais, Lettres Modernes, 1996.

François Thomas, L’Atelier d’Alain Resnais, Flammarion, Paris, 1989.

Emma Wilson, Alain Resnais, Manchester University Press, 2009.



L’Archipel Resnais collabore avec deux Institutions françaises: la Cinémathèque Française (Paris) et l'Université Paris VII-Diderot.

Institution pionnière dans le domaine de l'archivage du cinéma, la Cinémathèque française abrite une bibliothèque et un musée qui furent tous deux fondés par le critique et historien du cinéma Henri Langlois.

Les ressources en archives de la Cinémathèque offrent un point d’accès idéal pour pénétrer cet univers de machines complexes et de laboratoires de création à l’origine de toute œuvre cinématographique. Les collections liées à Resnais consistent notamment en costumes (Chanel, Yves Saint-Laurent ...), maquettes, œuvres d'art et croquis des scénographes Jacques Saulnier et d’Agostino Pace, ainsi que des centaines de photos de plateau de films de Resnais tels qu’Hiroshima et L'Année dernière à Marienbad. Les collections Resnais ont été complétées par le legs à la Cinémathèque des archives personnelles de Sylvette Baudrot, la script attitrée Resnais: cette collection comprend notamment de nombreux documents techniques nous renseignant sur la genèse de nombreux films (scripts annotés, correspondance, articles de journaux...).

En collaboration avec la Cinémathèque, Emmanuelle André et Frédérique Berthet, enseignant à l’ Université Paris VII-Diderot, ont lancé un programme spécial pour le Master d’Études Cinématographiques. Appelé “Archives et Devenirs de l’image”, ce programme a pour mission d’étudier l’archive filmique en tant que document, et l’acte d’archivage en tant que geste et approche critique. Une première série de travaux d’étudiants dans le cadre de ce Master a fourni un cadre idéal pour la mise en œuvre d’une série d’ateliers pédagogiques et de conférences sur les archives de Resnais.



L'Archipel Resnais invite étudiants et chercheurs :

à explorer l'univers du réalisateur français Alain Resnais par le biais des nouvelles ressources qu’offre aujourd’hui la numérisation dans le domaine des études cinématographiques;

à engager une réflexion sur l'accès toujours plus grand à des films et à des archives cinématographiques grâce aux outils numériques.

De part la variété de leurs supports (bobines, photographies, dessins, costumes, accessoires, maquettes…) les archives cinématographiques remettent en question le paradigme textuel de l’archive. L'avènement de la numérisation et la constitution de bibliothèques numériques ouvrent de nouveaux horizons pour le catalogage, la préservation et la restauration du patrimoine cinématographique.

    (1) Une réflexion poussée sur la nature des archives cinématographiques, sur l’impact de la numérisation et le renouvellement des méthodes pédagogiques et de recherche:

    Ainsi en février 2015, un atelier sur l’esthétique de la répétition dans L’Année dernière à Marienbad a été organisé par les professeurs Emmanuelle André, alors invitée à Duke, et Diane Arnaud, à l’Université Paris VII-Diderot, créant un dialogue entre étudiants et professeurs des deux côtés de l’Atlantique via l’usage de la vidéo.

    The organization in February 2015 of a video-link workshop on Alain Resnais’s aesthetics of repetition in L’Année dernière à Marienbad with the participation of Prof. Emmanuelle André at Duke University and Prof. Diane Arnaud at Université Paris VII-Diderot, has created a dialogue between students and professors on both sides of the Atlantic.

    (2) Une mission pédagogique et curatoriale autour de l’œuvre d’Alain Resnais: Au cours de l’année 2014-2015, le séminaire “Archives et Devenirs de l’image” à la Cinémathèque Française, sous la co-tutelle des professeurs Emmanuelle André (Paris VII-Diderot) et Anne-Gaëlle Saliot (Duke), a engagé un groupe d’étudiants de Paris VII sur les archives Resnais, de manière à mettre en place les fondations d’une exposition virtuelle sur son œuvre. Les travaux les plus représentatifs peuvent être visualisés via DuDiDoc, une plateforme maintenue par Duke et Paris VII. Inaugurée en 2015, la plateforme DuDiDoc offre un forum pour les étudiants doctorants, informe sur les partenariats entre les deux Universités, et présente les nouveaux projets et activités récentes.

    (3) Organisation d’un colloque international, “L’Archipel Resnais”.

    Du 29 au 31 octobre 2015, à Duke, et comptant plus de 15 participants venant de disciplines différentes dans les humanités, ce colloque abordera l’œuvre cinématographique de Resnais de la Nouvelle Vague jusqu’à la décennie 2010, et présentera l’exposition virtuelle de certaines archives du cinéaste.



Le colloque L’Archipel Resnais (29-31 octobre 2015, Duke) se propose d’explorer la cartographie complexe de l’œuvre de Resnais, en remontant le fil de ses nombreuses sources d’influences et son rôle dans le développement de la modernité cinématographique. Divers domaines des humanités et des sciences sociales seront conviés au sein de ce dialogue interdisciplinaire: études filmiques et théâtrales, histoire contemporaine, études des médias, histoire de l’art et de la musique psychanalyse, littérature et philosophie.

Cliquer ici pour accéder au site du colloque.




Oriane Sidre created a virtual exhibition drawing a parallel between the films Hiroshima mon amour (1959) and Les Herbes folles (Wild Grass, 2008).

Virtual exhibition:

Description of work:




Nina Da Silva created a video-game out of the game played in the film L'année dernière à Marienbad (Last Year at Marienbad, 1961) by the characters. This is a reflection on cinema as an interactive and structural game through the use of archives.


Sophie Gangloff worked on Resnais's construction of an utopia in in his film La vie est un roman (Life is a Bed of Roses, 1983) through a close study of his use of a gigantic scale model in the film.




Camille Chanod conducted a work on the concept of the archive as an aesthetic space. She worked only partially on Resnais (L'année dernière à Marienbad).